Des divisions amateurs à la Division 1!

Le Crossing de Schaerbeek est fondé le . Durant la Première Guerre mondiale, comme beaucoup d’autres cercles, il arrête une grande part de ses activités. Le club est reconstitué à la fin du conflit. Cet éventuel arrêt peut expliquer pourquoi il ne reçoit « que » le matricule 55.

Dix ans après sa création, il rejoint la Promotion, alors second niveau national. Il y reste deux saisons avant d’être relégué vers les séries régionales. En 1926, la Fédération belge crée un troisième niveau national, qui hérite du nom de Promotion. Pour l’occasion, 28 clubs sont promus depuis les séries régionales en tant que « club fondateurs ». Le Crossing de Schaerbeek en fait partie, et après quatre saisons, il remporte le titre dans sa série, lui permettant de remonter au deuxième niveau national, rebaptisé Division 1.

Le club joue dix saisons en Division 1 (D2), puis est relégué vers la Promotion (D3) en 1939. Le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale jette un trouble logiquement compréhensible dans le déroulement des compétitions. Les saisons 1939-1940 et 1940-1941 ne sont pas comptabilisées officiellement. La première est interrompues et la seconde ne donne lieu qu’à des rencontres au niveau régional.

Les championnats ne reprennent qu’en 1941, et certaines séries sont chamboulées. Le Crossing Schaerbeek est directement concerné. La Royale Union Hutoise, qui évolue en championnat de Division 1 1941-1942, ne peut aligner une équipe à ce niveau. Elle y est remplacée numériquement par un club descendant en 1939. L’heureux élu est le Crossing de Schaerbeek, qui retrouve ainsi le deuxième niveau national.

En 1947, le club est relégué en Promotion (à l’époque D3), et ne reviendra plus jamais dans l’antichambre de l’élite. Le Crossing passe treize saisons au troisième niveau, terminant généralement dans le milieu de classement. Mais à la fin de la saison 1959-1960, le club termine dernier et est relégué en Promotion, devenu entre-temps le quatrième niveau national. Le club doit attendre 1964 avant de remporter le titre dans sa série et revenir en Division 3. Après deux saisons, le club est de nouveau relégué en Promotion, où il se maintient deux saisons avant d’être renvoyé en provinciales, en 1968, après 41 saisons consécutives dans les séries nationales.

Au terme de la saison 1968-1969, le Crossing de Molenbeek (matricule 451), est promu en première division. Considérant qu’il ne dispose pas d’un stade permettant d’accueillir des matches de ce niveau, le club se rapproche du club schaerbeekois. Les négociations débouchent sur une « fusion » le . Le club formé porte le nom de Crossing Club de Schaerbeek, conserve le matricule 55 et joue ses matches à domicile au Parc Josaphat. Le matricule 451 de Schaerbeek est radié des listes de la Fédération belge. Un autre changement notable intervient. Le club délaissa ses couleurs « Bleu et Blanc » pour adopter le « Vert et Blanc ».

Avec, entre autres, des joueurs comme le jeune Georges Leekens, le fantasque mais talentueux Roger Claessen, ou l’expérimenté Josef Masopust, le « Crossing », et ses désormais légendaires maillots blancs rayés horizontalement de vert, connaît quatre saisons en demi-teinte. 13e, 12e puis à nouveau 13e, le club termine 16e et dernier en 1973. C’est évidemment synonyme de retour en « D2 ». Relégué en compagnie de l’Union St-Gilloise, le « matricule 55 » loupe le bon wagon, car l’année suivante est créée la Ligue professionnelle du football belge.

Le club ne résiste que deux saisons dans l’antichambre puis fait la culbute en Division 3. Le « Crossing de Schaerbeek » fait encore illusion. 3e puis 4e, il régresse à la 10e place. En 1979, le cercle vit sa dernière « grande saison » quand il termine 3e. La saison suivante, en 1979-1980, le « matricule 55 » retomber en Promotion, d’où avait commencer la grande aventure 21 ans plus tôt. C’est clairement le début de la fin. Après deux saisons insipides, le cercle sombre complètement. En 1982-1983, le « Crossing » termine sa dernière saison en séries nationales avec 1 victoires et 2 partages. Soit 4 malheureux points, et évidemment la dernière place d’une série remportée par…la Royale Union, laquelle avait aussi fortement régressé au fil des saisons.

À la fin de cette saison 82-83, avec la relégation en séries provinciales, le « Crossing de Schaerbeek » disparaît, mais le matricule 55 poursuit son existence. Le club connait un nouveau déménagement, cette fois vers la commune d’Elewijt principalement connue pour héberger le siège belge du Groupe Eternit, une société spécialisée dans les produits homonymes. Le « matricule 55 » prend alors le nom de Royal Crossing Elewijt.

En 1991, le club fusionne avec un autre club local, le VV Elewijt (matricule 2415) et prend le nom de Koninklijke VV Crossing Elewijt. Quelques années plus tard, l’appellation est adaptée en K. Crossing VV Elewijt.

Le matricule 55 n’a plus quitté les séries provinciales brabançonnes. En 2013-2014, il évolue encore aujourd’hui en « P3 », soit au 7e niveau de la hiérarchie.

À la fin de la saison 2011-2012, deux clubs de P1 Brabant (5e niveau) ont décidé de fusionner. Il s’agit de la R. USA Schaerbeek (familièrement « RUSAS ») (matricule 4070) et le R. FC Evere (matricule 410) qui ont adopté l’appellation Royal Crossing Albert Schaerbeek, sous le matricule 4070. Le club nouvellement formé quitte le « stade Chazal », où évoluait la RUSAS, pour s’installer au stade du Crossing, fraîchement rénové. L’ambition du matricule 4070 est d’atteindre les séries nationales et permettre enfin au Crossing Schaerbeek de renaître de ces cendres dans son stade historique.